Euskal Herria

Les origines des Basques :

À la lumière des données de l’anthropologie moléculaire, il semblerait que les Basques se soient installés en Europe en même temps que les premiers Homo Sapiens et qu’ils auraient cohabité avec les Hommes de Néanderthal. Nous serions ainsi les descendants les plus directs des artistes de l’âge de pierre qui, il y a une vingaine de milliers d’années, ont orné les parois des grottes de Lascaux et Altamira : les Basques formeraient donc la population la plus ancienne d’Europe de l’Ouest. Nos traditions (solidarité ethnique, permanence de cellules familiales, transmission de biens à un seul héritier) nous auraient permis de conserver une grande partie du capital génétique ancestral et auraient ralenti la pénétration de gènes provenant de l’extérieur. Vers 8500 av JC, différents groupes humains quittèrent la Mésopotamie à la recherche de nouvelles terres agricoles. Lorsqu’ils arrivèrent sur les rivages de l’Atlantique vers 4000 av JC, les premiers Basques étaient déjà installés au pied des Pyrénées, dans une région boisée au climat doux et humide. Les études génétiques ont montré que les Européens de l’Ouest sont génétiquement proches les uns des autres, à deux exceptions près : les Lapons, d’origine mongole, et les Basques. Une enquête d’anthropologie moléculaire récente portant sur plusieurs centaines d’hommes a ainsi mis en évidence que les Basques : ont des groupes sanguins et des marqueurs de protéines très particuliers, qui se distinguent de ceux des populations avoisinantes. possèdent dans leurs chromosomes une séquence génétique qui ne se retrouve que dans une minorité de populations voisines de l’Europe Occidentale. Ces singularités laissent supposer que les Basques sont les plus anciens occupants de l’Europe Occidentale. Nous aurions ainsi résisté mieux que tout autre peuple aux brassages génétiques qui ont transformé le continent depuis la « révolution néolithique ». La langue basque, l’Euskara, non indo-européenne, est unique au milieu des langues parlées dans les environs. Déjà, Stabon et Jules César la décrivaient comme très différente de celle des Gaulois. Sa syntaxe et sa structure sont très particulières, si bien qu’aucun des efforts entrepris pour la relier à d’autres groupes linguistiques n’a abouti de façon convaincante. Sergeï Stratostine a rattaché l’Euskara au groupe linguistique du Caucase du Nord, qui englobe aussi le Sumérien. On a également supposé que le basque était apparenté à la langue des anciens Ibères. Mais, en dépit de quelques ressemblances, la maîtrise du basque ne permet pas de comprendre l’Ibère

Les Basques dans l’Antiquité :

Les historiens de l’Antiquité répertorient différents peuples implantés dans le triangle Pyrénées-Garonne-Atlantique : les Vascons en Navarre, les Varduli en Guipuzcoa et les Caristii en Biscaye. Dans le dernier millénaire avant JC, la zone d’influence des premiers basques s’étendait de la Garonne à l’Aragon et à l’actuelle Biscaye : elle correspondrait à la zone de transhumance des Pyrénéens occidentaux. Les celtes, qui envahirent la Gaule vers 500 av JC, ne parvinrent jamais à conquérir cette zone d’influence. Même si, au tournant de l’ère chrétienne, une certaine celtisation s’était manifestée par l’introduction de l’agriculture et du travail du fer en Aquitaine, dans le sud de l’Alava et de la Navarre, ainsi que dans l’ouest de l’Aragon. Les derniers siècles avant JC sont également marqués par la construction d’oppidum sur de hautes collines. En 72 av JC, Sertorius, le chef romain en Ibérie, se soulève, avec le soutien des Vascons et des Cantabres, contre Rome et Pompée. Ce dernier vient assiéger sa capitale. Après sa victoire, il occupe la Navarre et l’Alava puis fonde la ville de Pampelune. Les Romains occupaient alors toute la péninsule ibérique. L’une de leurs plus importante voies, de Bordeaux à Astorga, traversait le Pays Basque. Ils exploitèrent des gisements de minerais de fer des Encartaciones (zone la plus occidentale de la Biscaye), ce qui favorisa le développement des forges dans la zone. Mais les Romains n’ont jamais pu ou jamais voulu s’installer dans les vallées atlantiques et du Nord de la Navarre, sans doute intimidés par les montagnes et les défilés bien défendus par les natifs qui y habitaient. C’est dans les zones romanisées du pays que commença la christianisation et la latinisation du Pays Basque. Dans sa « Guerre des Gaules », César distingue en Gaule trois zones selon leur langue, leurs coutumes et leurs lois : les Belges, les Celtes et les Aquitains. Lors des premières expéditions de César contre les Belges et les Celtes, en 58 av JC, les Aquitains demeurent simples spectateurs. Mais, en 56 av JC, craignant que César ne vienne les envahir, ils se préparent à envoyer des renforts aux Armoricains. César envoya alors un de ses lieutenants, Publius Crassus, soumettre l’Aquitaine : les Basques sont battus sur les bords de la Garonne, puis de l’Adour. Finalement, en 39-38 av JC, Agrippa, lieutenant d’Octave (le futur empereur Auguste), guerroya et vainquit les Aquitains. C’est à ce moment là que l’influence basque dans les plaines d’Aquitaine disparût, les populations se latinisant progressivement à la faveur de l’urbanisation : le Gascon serait ainsi une version très fortement latinisée de l’Euskara. Les Romains fondèrent les villes de Lapurdum (Bayonne), Iluro (Oloron), Aquae Tarbellicae (Dax). L’un des rares vestiges de l’époque romaine en Euskadi, la « pierre romaine » d’Hasparren indique que les Basques obtinrent leur autonomie de Rome, grâce aux services rendus à l’Empire par le gouverneur du pays : la Novempopulanie est créée. La liste de Vérone, un document daté de 297 et énumérant les provinces de l’Empire, atteste d’une certaine autonomie de la Novempopulanie.

La langue basque

Les origines de la langue et du peuple basque remontent à la nuit des temps. Cette langue, appelée « euskara » était en effet parlée dans le pourtour des Pyrénées-Occidentales avant l’arrivée des langues indo-européennes. Certains linguistes avancent « une parenté éloignée du basque avec les parlers caucasiques, comparant les deux langues aux langues apparentées des anciens Européens », selon J.L Davant dans « Histoire du peuple basque ». Mais, à l’aube du 3e millénaire, les professionnels ne se risquent à aucune conclusion, sinon celle de son unité linguistique conservée malgré les flux migratoires. Le chanoine Lafitte dans son ouvrage sur la grammaire basque consentira 10% de vocabulaire emprunté.

La langue se transmet donc au sein du giron familial, de génération en génération. Mais depuis la Révolution française, la politique de la République française n’a de cesse de réduire à leur portion congrue langues et dialectes régionaux au profit du seul français. L’avènement de la télévision participe de leur recul. La seule transmission familiale apparaît désormais insuffisante pour assurer la survie de la langue. Les parents se tournent alors vers le service éducatif. En 1969, une poignée de familles et une enseignante créent ainsi la première ikastola, école privée dispensant un enseignement laïc du basque par immersion, fédérées par Seaska. L’école bilingue confessionnelle se met également en marche.

Pour sa part, l’Éducation Nationale représentée par des professeurs itinérants depuis 1969, créée la première classe bilingue en 1983, à Sare. Ainsi, en 1997, 5500 élèves sont concernés par les trois filières: 13 secteurs d’itinérance desservent 69 écoles publiques et 1607 élèves; 164 sections bilingues proposées par 41 écoles publiques et 21 écoles privées confessionnelles pour 2585 élèves et 1247 élèves accueillis dans 67 classes de 17 ikastola. De plus, cette même année, les cours d’enseignement aux adultes prodigués par AEK concernent 1200 élèves adultes en Pays Basque Nord. En 1998, les chiffres témoignent d’une augmentation des effectifs dans chacune des filières. Cependant, malgré ces efforts convergents et l’annonce du premier ministre Lionel Jospin de signer et ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, les regards se tournent vers le Pays Basque Sud. Les résultats de l’enquête socio-linguistique de 1996 témoignent en effet du succès de sa politique menée sur l’officialisation de la langue: l’amélioration de la connaissance linguistique dans les provinces de la communauté autonome d’Euskadi et le ralentissement de son érosion en Navarre. Pour qu’elle survive, la langue doit donc remplir son rôle utilitaire et social en Pays Basque Nord. L’officialisation serait l’une des clés de cette réussite .

Valérie Josa


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